Séquence 5

En 1993, au Royaume-Uni, la Criminal Justice Bills interdit les « raves » qui se multiplient sur le territoire. Fuyant la répression violente, plusieurs tribus dont les plus connus, souvent considérés comme les parrains de la musique techno en Europe, les Spiral Tribe quittent le pays et parcourent le monde organisant un nouveau type de fêtes techno, libertaire et alternative.

Le mouvement des free party vient de naître

La free party est un rassemblement festif rattaché au mouvement musical techno.

Venue de Grande-Bretagne, elle existe en France depuis une vingtaine d’années et se base avant tout sur un principe de totale liberté, voir d’illégalité, illégalité qui donne lieu à une sévère répression de la part de l’état et des autorités. Les frees prennent leur place dans des lieux tels que des forêts, des bunkers abandonnés, des hangars désaffectés, en somme des espaces investis, sans autorisation, loin de toutes habitations. Parfois des terrains privés sont généreusement prêtés aux organisateurs pour l’occasion.

Une fête commence souvent le samedi à la tombée la nuit pour s’achever le dimanche dans l’après-midi. Il existe même ce que l’on appelle des « 48h » qui dure tout un week-end. Le droit d’entrée est régi ou non par un principe de donation qui relève en général d’un échange marchand, on donne ce que l’on a, ce que l’on veut. Cela dépend des organisateurs (travellers, particuliers et sound-systems) et souvent du coût pour eux, du matériel loué ( sonos, groupes electrogènes, véhicules)

Les travellers se déplacent en camions aménagés et vivent une bonne partie de l’année sur la route. Leur mode de vie oscille ainsi entre sédentarité et nomadisme. Ils sont la figure emblématique de la fête : nombre de leurs pratiques alimentent les représentations et servent de modèle de référence à l’ensemble de la population du public fréquentant les frees ou teufs, que l’on nomme <em>teufeurs

A travers les lieux qu’elle investit, et les pratiques informationnelles pour s’y rendre, la free-party tend à créer un sentiment de confidentialité et de mystère.

En effet, il faut avoir un réseau afin de connaître le lieu de la teuf, cela se matérialise sous forme d’info-line, les organisateurs dans la journée annoncent vers quelle heure va « tomber » cette information, souvent aux alentours de 23h, minuit, un numéro temporaire permet aux teufeurs de connaître tout les détails techniques pour se rendre à la free party. L’information peut également s’échanger par sms, ainsi chaque teufeur participe au partage de l’information. Au niveau du contenu, l’organisateur envoie ou laisse un message vocal sur l’infoline avec l’itinéraire routier à suivre, en indiquant routes, directions qu’il faut prendre, détails à ne pas négliger pour se diriger, point de répères (chemins,ponts,routes à ne pas prendre) afin d’orienter au mieux les futurs participants.

Les teufeurs tissent grâce à cela une sorte de petite communauté éphémères, qui se retrouvent quelques mois plus tard, à une prochaine free, créant grâce à cela une certaine population d’habitués, souvent regroupés par sound-systems, sound-systems étant reconnaissables par leur noms (ex: Heretik, QTR2 à prononcer »culs-terreux », BNP family, Re6divist…)

Il existe également depuis 1993, le plus grand rassemblement techno de France, voir d’Europe, le Teknival ou Tekos pour les teufeurs, contraction de Techno et de Festival, il eut lieu pour la première fois en France à Beauvais en Picardie, organisé par les Spiral Tribe, en mai 1993. Le Teknival est depuis lors un événement annuel se déroulant durant 4 ou 5 jours, durant le premier week-end de mai, rassemblant les amateurs de techno venus de toute l’Europe. D’abord illégal, puis légal depuis 2001 à la suite de la loi Mariani sur la sécurité quotidienne, loi ne reconnaissant pas l’aspect culturel, musical et artistique des rassemblements. Les frees étant souvent victimes d’un fort nombre de clichés , qualifiées souvent à tort de rassemblement de drogués, de délinquants ou encore de clochards. Néanmoins,  certains sound-systems sont bien connus des aficionados, les « murs de sons » des anglais, des hollandais ou bien des belges sont souvent très attendus et largement connus au sein de la communauté des festivaliers, chaque « son » ayant ses particularités et ses différences au niveau de la musique qu’ils produisent, que ce soient des sonorités hardcore, tribecore ou hardtek qui sont des branches de la musique techno plus ou moins chargées en BPM (battement par minute).

Les frees-parties créent à travers leur aspects libertaires, voir contestataires, proclamant le droit à la fête libre, un esprit de communauté. Une zone d’autonomie temporaire naît alors, où chacun peut trouver sa place, où les frontières socio-économiques, les barrières sociales sont dépassées pour ne faire apparaître qu’un rassemblement simple d’amateurs de musique, aux goûts communs, prônant la liberté, la musique et la fête.

 

 

En quelle année est né le mouvement des free parties?

Comment se diffuse l'information concernant le lieu de la free party?

Comment appelle-t-on les adeptes des free parties?

 

A quelle date a lieu, chaque année, le Teknival?

 

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